La restauration d’espèces

Depuis 1989, l’association MIGADO travaille sur les programmes de restauration du saumon atlantique sur le bassin Garonne-Dordogne-Charente-Seudre. Notre expérience dans le domaine de l’élevage de poissons nous a permis de développer 3 piscicultures dont un centre de reconditionnement des saumons adultes sauvages à Bergerac. La capacité de nos piscicultures nous place parmi les deux plus importantes filières françaises en matière de production de saumons atlantiques destinés au soutien des populations naturelles (3 millions d’œufs de saumon par an). Chaque année, ce sont plus de 1 200 000 jeunes saumons qui sont lâchés par nos soins dans le milieu naturel.

Grâce aux compétences acquises au fil des ans en matière de pisciculture et de repeuplement, MIGADO s’est vu confier, aux côtés des chercheurs d’Irstea,  la conservation des derniers esturgeons européens à St Seurin sur l’Isle. Ce stock est unique en France car l’espèce, menacée de disparition au niveau mondial, se reproduit uniquement dans le bassin Garonne-Dordogne. Pour restaurer l’espèce, les équipes de MIGADO relâchent jusqu’à 700 000 larves ou juvéniles d’esturgeons chaque année sur les frayères potentielles en aval de la Garonne et de la Dordogne.

MIGADO a participé au projet européen « Life Alose Rhin » de réintroduction de la grande alose dans le Rhin, en assurant la reproduction artificielle de géniteurs sauvages. L’expertise et le savoir-faire de MIGADO ont permis de développer la première écloserie de grande alose d’Europe à la pisciculture de Bruch (47). Grâce au déversement de 11.5 millions de larves d’aloses en 8 ans provenant de géniteurs capturés sur la Garonne et la Dordogne, la réintroduction de cette espèce, disparue du Rhin allemand, a été possible. Depuis, ces compétences ont été mises à profit localement avec des déversements expérimentaux (annuels) sur la Garonne et la Dordogne.

En marge des programmes d’élevage, l’association contribue également à l’amélioration des connaissances biologiques sur les espèces amphihalines (reproduction, alimentation, survie, détermination du sexe, génétique des populations, microchimie des otolithes…) en partenariat avec la plupart des organismes de recherche nationaux, INRA, Irstea, ENSAT.

Le suivi des populations

 

Stations de contrôle

Lors de leurs migrations (montaison et dévalaison), les poissons rencontrent de nombreux obstacles, conséquences des activités humaines et notamment des barrages hydroélectriques. L’équipement de ces ouvrages avec des dispositifs spécifiques de franchissement (passes à poissons par exemple) est obligatoire afin de permettre la libre circulation des espèces dans leurs phases de migration. Afin de connaître l’efficacité de ces dispositifs mais aussi de suivre la dynamique des populations de migrateurs et leur front de colonisation, des systèmes de comptage sont parfois mis en place au niveau des dispositifs de franchissement.

MIGADO gère les 7 stations de contrôle des migrateurs sur le bassin Garonne-Dordogne-Charente-Seudre. Sur ces sites, des données sont enregistrées en continu et analysées minutieusement afin de dégager des informations fondamentales pour la gestion des espèces amphihalines (abondance, migration de reproduction, dévalaison ou colonisation de la rivière).

 

Transfert sur la Garonne

MIGADO assure depuis 1999, les opérations de double transfert (montaison / dévalaison) des saumons sur la Garonne pour pallier la difficulté de franchissement des 19 obstacles présents entre Carbonne et Montréjeau. Cette opération constitue un dispositif unique en Europe pour la circulation des poissons mais aussi un fabuleux outil pour l’acquisition de données sur la biologie du saumon (taille, poids, état sanitaire) et l’évolution du programme de repeuplement.

Ainsi, plusieurs milliers de jeunes saumons sont ainsi contrôlés, capturés et transportés en camion (Aquabus) plusieurs kilomètres en aval des barrages hydroélectriques, par les biologistes de notre association pour leur permettre de rejoindre l’Océan Atlantique. Pour la montaison, les géniteurs capturés à la centrale de Carbonne sont transportés et déversés sur les frayères du bassin amont de la Garonne, sur des zones propices à leur reproduction.

 

Suivi de la reproduction naturelle (Saumon, Alose, Lamproie)

Le contrôle de la reproduction naturelle consiste à localiser et à suivre l’activité sur les lieux de reproduction (ou frayères). Des campagnes de suivi des populations de grande alose, d’alose feinte et de lamproie marine sont réalisées par MIGADO au printemps. Ces suivis permettent, en complément des données acquises par les stations de comptage vidéo de Golfech et de Tuilières, de déterminer annuellement un état des stocks reproducteurs de ces espèces (pour l’alose, l’estimation se fait de nuit par comptage régulier des bruits caractéristiques du frai appelés « bulls »).

Pour le saumon, les techniciens de MIGADO parcourent chaque hiver les parties amont des cours d’eau pour comptabiliser les frayères, les localiser (coordonnées GPS) et valider ainsi le bon déroulement du cycle biologique. Un suivi de l’impact des usages sur les nids (exondation, colmatage, piétinement) est également réalisé à cette occasion afin de protéger ces sites.

 

Les études

La présence de MIGADO sur le terrain en fait un opérateur privilégié pour l’acquisition de nouvelles connaissances.

L’association est engagée aujourd’hui dans de nombreux réseaux de suivis par pêche aux côtés de l’Agence Française pour la Biodiversité et des Fédérations de pêche : piégeages, études de la dynamique des populations…

A ce titre, MIGADO a en charge notamment :

  • l’évaluation des mesures de réduction de l’impact de la grande hydroélectricité (éclusées) sur les juvéniles de salmonidés ;
  • la caractérisation des populations d’anguille du bassin pour la gestion nationale de cette espèce ;
  • l’évaluation du rétablissement de la libre circulation pour l’anguille par un réseau de pêches, l’optimisation de gestion des ouvrages à marée, passes à poissons… ;
  • l’évaluation par pêches électriques des programmes régionaux de repeuplement en saumon atlantique ;
  • la mesure de la réussite de la reproduction naturelle des lamproies marines par recherche des larves.

MIGADO travaille sur la continuité écologique et, dans ce cadre, de nombreuses opérations de marquages recaptures sont réalisées pour permettre d’évaluer l’efficacité des dispositifs de franchissement des différents obstacles, seuils, moulins et aider les exploitants ou gestionnaires des barrages à optimiser les systèmes de gestion, passes, ascenseurs à poissons et autres exutoires de dévalaison.

 

La veille écologique, la fonctionnalité des milieux

Pas de poissons sans habitat de qualité !

Le champ d’investigation de  MIGADO ne se limite pas seulement aux suivis des espèces, mais aussi à la connaissance des milieux naturels afin de déterminer leur fonctionnalité pour les poissons. MIGADO s’investit dans de nombreuses actions permettant une veille écologique et établit des diagnostics sur l’état des cours d’eau (suivi des régimes thermiques, étude de l’impact des régimes d’éclusées hydroélectriques, détermination du colmatage des substrats, réalisation de cartographies des habitats piscicoles…).

 

 

L’animation de programmes

MIGADO assure l’animation du Plan National d’Actions pour la restauration de l’esturgeon européen mais également celle de groupes techniques tels que le Groupe Technique Anguille du COGEPOMI.

MIGADO travaille en partenariat avec l’Allemagne dans un programme de réintroduction de la grande alose sur le Rhin.

MIGADO participe à l’animation des sites Natura 2000 rivières Ariège, Hers vif et Salat. Retrouvez plus d’informations sur le site internet dédié à ces sites Natura 2000.

A travers les différents actions menées par l’association MIGADO, mais aussi en réunissant un réseau d’acteurs, d’usagers et d’administrateurs, les animateurs de MIGADO suivent et font vivre les actions identifiées comme prioritaires dans les documents de gestion. Le fonctionnement et le dynamisme de ces réseaux ont montré leur efficacité. MIGADO constitue un trait d’union indispensable entre les acteurs locaux et les services de l’État qui instruisent les procédures.

 

L’éducation à l’environnement

MIGADO, en complément des actions menées pour la gestion et la restauration des populations de poissons migrateurs, communique sur l’intérêt de sauvegarder ces espèces et notre patrimoine naturel en sensibilisant le public à la fragilité des milieux aquatiques et aux enjeux qu’ils représentent dans la mise en œuvre d’un développement durable. Cette action s’appuie sur une mesure du PLAGEPOMI intitulée « Renforcer la communication sur les programmes de gestion et de restauration des poissons migrateurs ». Les actions proposées permettent de vulgariser les opérations techniques mises en œuvre sur le bassin en faveur des espèces piscicoles migratrices et ont pour objectif de faire connaître ces espèces patrimoniales, méconnues du grand public. Les interventions permettent également d’aborder des thématiques plus larges liées à la biodiversité, au développement durable et au fonctionnement des milieux aquatiques (interaction Homme/milieu).

Pour ce faire, MIGADO :

  • développe des outils pédagogiques destinés aux scolaires comme le ‘Projet Saumons en classe’ ou ‘Le Saumon au cœur du dragon’, projet porté en collaboration par les associations MIGADO et Zone Franche en collaboration avec EPIDOR, L’Agence de l’Eau Adour Garonne, EDF, la Région Nouvelle Aquitaine, le département de la Gironde, le département de la Dordogne, la Mairie de Lalinde, la Mairie du Buisson de Cadouin et la Mairie de Sainte-Foy la Grande.

  • ouvre au public les portes des stations de contrôle et de ses sites de production pour faire découvrir les poissons migrateurs, véritables traits d’union entre l’océan et le continent. Ces sites accueillent chaque année plusieurs milliers de personnes.

 

MIGADO participe à des manifestations ou des événements grand public, organisés par nos partenaires techniques ou financiers, tels que la journée mondiale des poissons migrateurs, la semaine du développement durable, les journées de la Nature, la fête de la science… Ils permettent de toucher un public varié tant au niveau social qu’intergénérationnel ; avec une localisation des interventions aussi bien en milieu rural qu’urbain.